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Thoraise 25320

Thoraise
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Situation : 3 km au Nord de Boussières / Superficie : 399 / Altitude : 340 / Population : 294 / Nom des habitants : les Thoraisiens
Maire : Jean-Paul MICHAUD (Artisans) / Secrétaire : Nicolas Brunner
Tél : 03 81 56 61 64 / Fax : 09 80 32 46 73 / E-mail : mairie.thoraise@free.fr
Permanences : Mardi de 17h30 à 19h - Vendredi 14h30 à 16h
Adresse Mairie : 1 rue de Surotte
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Carlos MIGUEL
Bernadette BLANCHOT EPOUSE WALLIANG
Denis SAUGET
Cédric BREVOT
Olivier CORNE
Stéphane PFRANG
Jean-Michel MAY
Jocelyne PARIS
Bertrand TISSERAND
Sébastien PILLOT

Thoraise offre la particularité remarquable d'être une reproduction du site de Besançon. Une même courbe très prononcée du Doubs est verrouillée par un rocher; le château occupe une position stratégique semblable à celle de la Citadelle bisontine. La seigneurie fut fondée en 1250 pour un fils du sire de Montferrand. Elle changea de titulaire avec les siècles mais défendit toujours ses prérogatives féodales.
Les laboureurs devaient le onzième de leur récolte au seigneur. Ce dernier considérait la rivière comme son bien et n'autorisait aux manants qu'une ligne volante avec petit hameçon et sans plomb. Le dernier aristocrate du cru, Maximilien d'Izelin de Lanans, maréchal de camp des armées du roi, émigra en 1793 : son château fut immédiatement vendu comme bien national. Il est aujourd'hui résidence secondaire d'un citoyen helvétique, M. Widecker.

Si murailles et fossés ont disparu, le château a été restauré dans le respect de son équilibre médiéval. Le bâtiment central, de plan rectangulaire, est flanqué d'une tour carrée à gauche et, à droite, d'un donjon carré lui aussi. La cave est souvent mentionnée dans les écrits féodaux retrouvés par les historiens ; elle devait être bien garnie. En 1336, Jean d'Abbans y pénétra et perça des tonneaux de sa hallebarde pour désaltérer sa soldatesque. On a peine à croire, quand on s'imprègne du charme de Thoraise, que cette campagne délicieuse ait vu sévir d'aussi grossiers personnages !

À signaler également : des remparts et une porte de garde, la chapelle Notre-Dame du Mont ainsi que son remarquable panorama, des vestiges gallo-romains, la réplique de la grotte de Notre-Dame de Lourdes et un moulin.
Aménagement paysager : trois circuits pédestres aménagés depuis le village permettent d'accéder à la voie d?eau. La halte nautique a été inaugurée, on y trouve des tables pique-nique, sanitaires avec douches, jeux d?enfants, ponton avec amarrage prévu pour trois bateaux de plaisance et un tableau d'information.

À voir : le tunnel du canal Monsieur, entièrement voûté en pierre qui traverse le Doubs.

Personnages remarquables :
Anne BIGET (1749-1824) :
Anne BIGET naît le 27 octobre 1749 à Thoraise dans une famille de laboureurs aisés, dans une maison «à mi chemin entre l'église et le château». De son père, elle hérite une haute stature et une grande force physique. Très jeune, elle se fait remarquer par sa générosité et sa disponibilité à l'égard des plus démunis. À 20 ans, contre l'avis de ses parents, elle décide d'entrer en religion et se rend à Besançon où elle entre au couvent de la Visitation, elle y prend le nom de soeur Marthe, et mène une vie sans histoires jusqu'en 1790 (année de la suppression des ordres monastiques). Elle reviendra à Thoraise, puis repartira à Besançon pour y aider les indigents, très nombreux en cette époque troublée. Son œuvre lui vaut l'estime, parfois même le soutien des diverses autorités en place, et elle traverse sans encombres les différents changements de régime de l'époque, dont certains vivement anticléricaux. Mais, selon les dires même d'un officier contemporain de cette époque, «personne ne souhaitait la voir arrêter». Bientôt, elle se voit confier la surveillance de la distribution des vivres aux malades et prisonniers de la ville. Puis survient la guerre, et sa cohorte de blessés et prisonniers.

Elle commence alors à quêter, à Besançon et dans ses environs, de quoi venir en aide à tous ces malheureux, sans distinction de nationalité, devenant bien avant l'heure un «Médecin sans frontières».

Sa notoriété est telle parmi les troupes étrangères que les Autrichiens lui permettent, lors du siège de Besançon, de traverser leurs lignes pour acheminer des vivres aux affamés.
À plusieurs reprises, elle use également de son influence pour sauver du peloton d'exécution des «déserteurs» qui n'avaient pas résisté à l'envie de rendre visite à leur famille toute proche.
À la Restauration, le roi Louis XVIII lui fait part de son désir de la rencontrer, la reçoit à la Cour et la décore.

Puis, c'est au tour du Tsar de Russie, de l’empereur d'Autriche et du roi de Prusse de lui témoigner leur estime en la décorant des plus hautes distinctions civiles de leurs pays respectifs, et en l'aidant financièrement pour ses œuvres. Elle revient bientôt à Besançon, où elle poursuit son aide aux démunis jusqu'au 29 mars 1824, date à laquelle elle décède à l'âge de 75 ans.
Elle est enterrée au cimetière de Besançon, sans inscription sur sa tombe selon la règle de son Ordre, ce qui, très rapidement, ne permettra plus de la localiser. Un buste grandeur nature, œuvre du sculpteur, est situé à l'entrée de l'hôpital Saint Jacques à Besançon. Telle fut la vie d'Anne BIGET, notre concitoyenne la plus célèbre à ce jour, et dont la devise était «tous les malheureux sont mes amis».